Réseaux sociaux… L’opium des militants? Les médias citoyens doivent être mis à profit pour plus de connections hors ligne

Dans cet essai détaillé Mahdi examine de près l’activisme en ligne au Maroc, expliquant que même si celui ci peut rencontrer certaines formes de succés “numérique” il ne peut se passer d’une présence et d’une organisation hors-ligne. Qu’en pensez vous?

By Lbadikho

Young Moroccan engineer and activist 2 comments

Friday, June 25th, 2010


« Toi ridicule ‘militant de Facebook’ ! Et si tu osais venir mettre ta main dans la patte avec nous, sur le terrain si tu es crédible ! » C’est presque ainsi que répondit un militant d’une association marocaine à un de ces nouveaux ‘militants numériques’ au cours de ces nombreux longs échanges de commentaires sur Facebook.

Etant de ceux qui essaient d’utiliser internet au profit de causes et de problématiques de terrain –en l’occurrence un tourisme efficient créateur de richesse loin de toute spéculation immobilière- je crois en la nécessitée d’appuyer le travail de terrain par une médiatisation et une sensibilisation en ligne. Mais aussi peu que je sois concerné par ce qu’on commence à appeler l’activisme en ligne, mes observations de ces quelques dernières années de développement de l’utilisation du Web 2.0 parmi mon réseau de connaissance –limité certes, mais assez diversifié– me situent à l’opposé de ceux qui fantasment sur la ‘Transparence version Youtube’ ou autres ‘Révolution Twitter’.

Bien évidemment mon point de vue est biaisé et personnel, je l’appuierai néanmoins avec quelques exemples, non pas pour renier tout espoir dans l’impact des médias citoyens sur le travail associatif ou politique marocain, mais pour démontrer que l’activisme en ligne doit provenir d’un engagement de terrain, ou à défaut établir des connections avec celui-ci. Sans quoi, l’activisme en ligne ne sera qu’un militantisme fictif qui au lieu de pousser les gens vers des engagements concrets, les séquestre dans une spirale de batailles électroniques de Don Quichotte dans ce qu’un journal (Al Hayat) a appelé « le plus grand parti politique au Maroc » sur une couverture dédiée à Facebook.

I) Les élections Iraniennes, le mouvement Egyptien du 06 Avril, et les espoirs en ligne :

Un an après les élections Iraniennes controversées, j’ai un large sourire en me rappelant de Mark Pfeifle –Ancien député américain et conseiller national en communications stratégiques au conseil national de sécurité de 2007 à 2009- quand celui-ci suggéra un prix Nobel de la Paix pour Twitter. Les élections Iraniennes étaient en effet derrière bon nombre de fantaisies sur le pouvoir des réseaux sociaux : Hamid Tehrani, un éditeur iranien chez Global Voices estime qu’il y avait moins de 1000 comptes Twitter actifs durant la période des élections, il relativise en ajoutant « Twitter était important dans la publication de ce qui se passait, mais son rôle a été ultra-exagéré » et que « certaines personnes fournissaient des nouvelles de Téhéran, mais beaucoup ne vérifiaient pas. Quand quelqu’un Twittait la présence de 700 000 manifestants devant une mosquée, il s’avérait que quelques 7000 y étaient effectivement. Bien que les élections Iraniennes aient engendré beaucoup d’espoir sur le potentiel du Web 2.0 en général, on ne doit pas alors se focaliser sur les moyens pour oublier les fins, et c’est exactement ce que Tehrani pointe du doigt, notamment chez les média occidentaux qui « se sont intéressé plus à l’usage de la technologie occidentale dans les évènement qu’aux aspirations réelles du peuple Iranien », aspirations qu’ils auraient donc médiatisées de façon biaisée car principalement orientée vers les discours de la partie ‘broadcastant’ vers ou à partir de l’occident, et non les aspiration de l’Iranien moyen.

L’autre phénomène d’utilisation d’internet pour mobiliser auquel on peut faire appel dans cet partie introductive avant d’aborder le cas marocain est le mouvement Egyptien du 6 Avril, considéré comme la première tentative importante d’un mouvement en ligne essayant d’aller sur le terrain dans un pays arabe, l’importance fut de taille que même des partis politiques se sont ralliés au mouvement. Ce qu’on peut néanmoins voire dans cette expérience qui avait l’air assez éphémère mais qui se prolonge encore aujourd’hui, par exemple dans le mouvement soulevé par le cas de Khaled Said, c’est que les média sociaux dérangent les régimes autoritaires si et seulement si ils vont ‘on the ground’, ce qu’on peut aussi comprendre de l’excellent exposé d’Ahmed Naji –‘’les blogueurs, du post au Twit’’, page 10 « de la rue à la prison », à supposer que les média sociaux réussissent à mobiliser sur le concret…

II) L’activisme marocain en ligne essayant d’aller sur le terrain :

Principalement dopé par la démocratisation de Facebook – je rappel au nouveaux utilisateurs que durant les premières années, une adresse du type prenom.nom@Université.edu était l’unique passeport au site de Mark Zuckelberg- « l’activisme en ligne » commence à essayer une concrétisation des idées qu’il dévoile en ligne, mais jusqu’ici, aucune réelle efficacité n’a été observée : le phénomène peut être approché à partir de ces exemples :

1.     Le MALI, Mouvement Alternatif pour les Libertés Individuelles :

Ayant débuté avec un groupe Facebook, ce mouvement a tenté d’organiser un pique-nique symbolique, quelques activistes sont venus au rendez-vous, mais comme certains ont raconté : il y eut plus de policier au lieu du rendez vous que de membres du MALI. Une deuxième tentative de présence ‘hors ligne’ fut une manifestation planifiée il y a environ un moi contre l’harcèlement sexuel, encore là, très peu d’activistes et une neutralisation anticipée de la police. Nonobstant, le MALI aura peut être réussit un objectif partiel : raviver un débat que beaucoup évitaient, celui des libertés individuelles.

2.     Le groupe contre « l’hégémonie de la famille du premier ministre » :

Beaucoup plus nombreux que le groupe Facebook du MALI –que certains avaient rejoint juste pour s’adonner à l’insulte des ‘déjeuneur du Ramadân – le groupe créé à l’occasion de nominations successives de personnalités ayant le même nom de famille que le premier ministre à la tête d’établissement publics importants, il a été rejoint par près de 20 000 Facebookers, une première version du groupe a été supprimée (par son auteur ou par effet de ‘reports’ nombreux) puis une deuxième version a été créé et a planifié une manifestation devant le parlement, celle-ci a été annulée par les organisateurs sans donner plus de précisions au membre du groupe… On peut, à très légère mesure, comparer ceci à l’échec du mouvement tunisien Ammar 404 à aller manifester.

3.     La manifestation contre le ministre de la communication :

Ce dernier exemple a été suivi sur Facebook par quelques centaines de personnes, au rendez-vous, il y avait 11 personnes ou un peu plus comme on le voit sur cette vidéo, cette même vidéo qui a été vues 28000 fois ! Sachant que la vidéo où on voit le ministre, et qui est à l’origine de ceci a été vue plus de 300 000 fois !

4.     La « journée sans portables » contre la cherté des appels téléphoniques :

Il est difficile d’évaluer l’impact de ce cas, comme seules les compagnies téléphoniques savent combien de gens ont réellement éteint leurs téléphones le 30 Mai 2010 comme les y avait invités cette campagne. Ce mode de mobilisation a eu 35000 supporters sur Facebook, une lettre au ministre Reda Chami et à l’ANRT va être rédigée avec la collaboration d’associations de protection des consommateurs, et une « semaine sans recharge téléphonique » est programmée comme étape suivante.

III) L’activisme de terrain dans sa tentative d’aller en ligne :

Avec une visibilité plutôt faible, quelques institutions classiques comme les ONG, les partis politiques ou encore les mouvements islamistes sont en train de rejoindre les réseaux sociaux, principalement Facebook. Sur Twitter, jusqu’ici seul deux partis politiques ont un compte, suivis chacun par moins de deux cents utilisateurs, et très peu d’hommes politiques ont des profils, on est encore loin des quatre millions de ‘followers’ d’Obama, des deux millions de la reine Rania ou encore les cinq cent milles ‘followers’ de Hugo Chavez.

Les ONG percent leur chemin dans les réseaux, mais il est encore trop top pour évaluer objectivement la situation. Mais de mon point de vue, celles-ci devront avoir plus de succès à aller en ligne que l’activisme purement conçu en ligne dans sa route sinueuse, comme on l’a vu plus haut, vers le hors ligne. L’activisme devra continuer à se construire sur le terrain et essayer d’utiliser les réseaux sociaux pour mobiliser et sensibiliser. D’une expérience personnelle : à l’opération plantage d’arbre à Ajdir lors de la journée de la terre,  environ 500 personnes furent présente activement à planter des arbres, presque tous sont venus en réponse aux appels du type porte à porte, tractation dans la ville d’Al Hoceima ou bouche à oreille, les appels en ligne furent dans ce cas plutôt superflus, ce qui montre à quel point nous sommes encore au stade de débutants en ce qui concerne la mobilisation en ligne.

Il est aussi à noter qu’au Maroc, des outils comme le ‘SMS Uprising’(mobilisation par sms) sont juste inconnus.

Dernier point de cette partie, on peu reprocher aux ONG et à certains partis politiques l’usage massif de mailing lists qui tournent souvent à la cacophonie confuse, mélangeant les informations internes avec la mise au courant des sympathisants, réduisant ainsi l’efficacité de chaque au lieu d’avoir un site web doté d’une bonne newsletter pour les sympathisants ou les observateurs, et de garder des mailing lists ‘propres’ et bien ficelées pour l’usage interne.

IV) De la théorie des graphes aux réseaux sociaux : les activités orbitent le long de cercles disjoints… Ni les gauchistes ne voient ce que disent les Adlistesa, ni les Istiqlaliensb échangent avec les Nahjistesc !

a : D’Al Adl Wal Ihssane : un mouvement islamiste, avec un agenda politique, mais sans structure partisane reconnue.

b : Parti de l’Istiqlal : parti conservateur auquel appartient le premier ministre actuel.

c : Annahjaddimoucrati : gauche orthodoxe, continuité du mouvement ‘Ilal Amam’, parti politique ne participant pas aux élections.

L’intuition est essentielle en mathématiques ; Cette partie de l’essai présente des intuitions personnelles inspirés de la théorie des graphes et du ‘‘réseau du petit monde’’ sur une façon possible de propagation de l’information via les réseaux sociaux. C’est bien entendu la partie la plus biaisée de l’article car je ne suis pas un mathématicien, mes connaissances en topologie et en théorie des graphes peuvent m’induire en de fausses intuitions, et en plus je n’avais ni le temps de lire de la documentation spécialisée ni l’accès à des ressources académiques sur les réseaux sociaux durant ma période d’écriture. J’espère que l’exemple présenté ci dessous puisse aider les néophytes –que je rassure de la non surtechnicité de cette partie – à une première compréhension et éveiller leur curiosité, ou qu’il puisse servir aux initiés d’idée de départ pour une réflexion approfondie. Je serais heureux si l’un des commentateurs présente une approche différentes ou complémentaire sur ce sujet.

Quand on défend le pouvoir des réseaux sociaux de façon romantiques, il ne faut pas oublier que des réseaux comme Facebook peuvent être dans certains cas un vrai facteur de déconnexion et de confinement !

Soit la ‘roue des amis’ ci dessus, c’est une application Facebook qui vous montre vos ‘amis’ Facebook disposés sur un cercle, et les connexions entre eux. J’ai distingué dans cet exemple deux grandes partie de régions : CC-A et CC-B (pour Composante Connexe, à lire : Université de Berlkey/Vazirani, pour la notion de ‘Forte’ composante connexe), CC-B/o est une sous partie de CC-B et enfin, j’ai rajouté les deux lignes jaunes au cas réel – gracieusement fournis par un ami – pour l’approcher d’un cas plus général.

CC-A peut être vue comme le groupe de vos amis avec qui vous échanger des informations purement personnelles – j’entends par là non associatives et apolitiques -, ce groupe peut rassembler vos collègues, vos camarades de classe, votre famille, etc.

CC-B sera vue comme le groupe avec lequel vous échanger ‘politiquement’ (à supposer que vous utilisez votre profile Facebook pour avoir des échanges sur des sujets classés ‘politique’), la majeure partie de CC-B, qu’on voit en violet dense en haut de la roue ne pourrait être que votre ‘groupe d’affinité’ de contact fortement liés entre eux.

Enfin CC-B/o est un groupe de gens d’orientation idéologique différente mais qui ont des échanges avec votre groupe d’affinité, et finalement, les deux lignes jaunes sont des outsiders, deux de vos amis qui se trouvent diamétralement opposés dans leurs affinités politiques ou fréquentations sociales (deux salafistes amis d’enfance d’un ultralibéral, pour faire plus imagé).

Maintenant que nous avons défini chaque partie, on peut se demander comment se propage l’information à travers les différentes composantes.

Vous avez certainement remarqué – quand vous avez quelques centaines ‘d’amis’ sur Facebook – que vous ne voyez plus les ‘updates’ ou autres ‘posts’ que  d’un sous groupe assez limité de vos contacts contrairement à Twitter, petit à petit, des algorithmes de Facebook – sur lesquels je n’ai pas trouvé des données publiques – évaluent et déterminent qui de vos contacts vous allez continuer à voir le plus.

Le point évident du fonctionnement de ces algorithmes : il prennent en considération le nombre de clics sur ‘‘j’aime’’ et autres commentaires que vous postez chez chacun de vos contacts, et plus simplement, ils cachent de votre page d’accueil les contact que vous avez choisit de cacher après ne pas avoir apprécié un de leur posts.

Une conclusion serait qu’après quelques ‘‘j’aime’’, commentaires, ‘‘cacher moi ça’’ (‘hide’), vous ne voyez principalement plus que votre groupe d’affinité.

Simpliste certes, mais suffisant pour moi pour briser le mythe du « Facebook où se retrouvent les différents spectres »

(A ce stade de la partie IV, vous pouvez sautez vers la partie V si la théorie des graphes ne vous excite pas !

Les puristes qui n’aiment pas la vulgarisation pourront aller lire cet article et vérifier si l’auteur ne s’est pas trompé sur les valeurs propres…)

Une autre approche pour décrire les utilisateurs associatifs ou politiques de Facebook consisterait à voir un membre Facebook sur un graph planaire au lieu de mettre ses contacts sur un cercle, on est alors tenté de prendre une catégorisation binaire des profils pour illustrer des extrêmes et construire des profils réalistes à partir de combinaisons :

-       Profil à haut degré, un bon model pour les Bloggeurs de renoms par exemple. Ils sont souvent suivis par des milliers de Facebookers comme source d’information alternative.

-       Profil ‘socialisant’, à faible degré mais forte connectivité, peu représenter des gens utilisant Facebook pour y trouver des liens ou des informations liées aux causes auxquelles ils croient.

Un accord des deux types donne cette figure élémentaire :

Il serait intéressant d’avoir un aperçu de ce que serait dans le modèle planaire les CC-A et CC-B introduites dans l’approche ‘roue des amis’ ci-dessus, mais sans données internes à Facebook ou une cartographie équivalente, toute tentative de les représenter serait encore plus spéculative que ce que j’ai fait jusqu’ici. D’autant plus que ces graphes ne sont pas aussi représentatifs de la réalité que ne l’est la ‘Friends Wheel’, ils restent néanmoins un bon point de départ pour un autre modèle.

V) Hors sujets, vite dit :

1. L’autocensure, le pire ennemi de la liberté d’expression :

N’ayant pas contribué dans le Forum de décembre, je voudrais dire un mot concernant la liberté d’expression, juste pour dire que vu la difficulté relative de censurer les médias citoyens, le meilleur moyen pour profiter de la liberté d’expression potentiellement offerte est de pousser nous même les limites de la censure en évitant de nous autocensurer. La liberté d’expression a peur de l’autocensure, plus que de tout autre censure !

2. L’association « des Bloggeurs marocains » :

Les bénévoles de cette association (non encore agréée) font un bon travail concernant la liberté d’expression des Bloggeurs. Mais le nom qu’ils veulent donner à leur association est bien entendu absurde : un blogueur est par définition un électron libre, une initiative personnelle qui –comme dit dans un autre billet– n’a demandé l’avis de personne avant de se lancer, et toute tentative de représentation des bloggeurs –tout les bloggeurs marocains comme le suggère le nom- relève de la prétention vile.

Je soutiens leur projet tant qu’il consiste à aider les bloggeurs (ce qu’ils ont déjà commencé à faire de façon remarquable),  mais pas s’ils prétendent avoir un capital de représentativité. Ce qui me pousse à leur suggérer poliment de changer le nom de leur association.

Autre point, je serais curieux de savoir comment le nombre ’80000 bloggeurs’ a été évalué. Ont ils juste fait une estimation fantaisiste et reproduit la même erreur que notre ami Larbi.org au début de sa carrière de blogueur ;)

3. e-PAM, « parti des cinquante centimes » ? :

Les médias citoyens, ainsi que les autres outils du Web 2.0 sont manifestement entrain de donner l’opportunité aux organisations qui n’ont pas accès aux médias classiques de bâtir quasi gratuitement leurs propres moyens de communication. Si les islamistes comme Al Adl le font plutôt bien avec leur site web et leur chaîne TV en ligne, d’autres groupes sont beaucoup moins efficaces dans leur utilisation du web 2.0. L’Association Marocaine des Droits de l’Homme a par exemple un site web beaucoup moins actualisé que ses pages Facebook, ce qui n’est pas sain car beaucoup d’utilisateurs de Facebook peuvent refuser de rejoindre le groupe Facebook de l’AMDH et le faire apparaître sur leur profils (pour des raisons personnelles ou professionnelles), ainsi l’AMDH atteint moins de monde via Facebook car de toute façon, les membres de son groupe Facebook sont soit des membres même de l’association soit des sympathisants déjà convaincus. L’information ne sort pas de la deuxième orbite des sympathisants de l’AMDH. Ce qui illustre le IV, les ‘updates’ restent donc confinées à faire le va et vient à l’intérieur de la composante connexe de l’AMDH au lieu d’atteindre avec plus d’efficacité de nouveaux sympathisants potentiels.

A l’opposé on trouve le PAM, utilisant massivement sa page Facebook pour poster les reprises de titres de presse parlant du parti. Cette utilisation des média alternatifs peut paraître étrange vu la présence déjà visible de ce parti dans les média classiques. Le PAM est donc entrain de mettre à profit les médias citoyens pour pousser encore plus loin l’avance médiatique qu’il a déjà entamée dans les média classiques pour l’élargir aux médias alternatifs. Ce que certains Twitteurs avant-gardistes qualifient d’ « émergence du e-Makhzen », comparant ainsi le PAM aux ‘50 cents party’ chinois.

Post Scriptum : Durant la rédaction de cet essai, le PAM a lancé son nouveau site web, ce dernier à l’air bien plus professionnel que la moyenne des autres sites partisants – on peut même rejoindre le parti en remplissant un formulaire en ligne ! Peut être que ce site a été réalisé par des professionnels au lieu de militants comme c’est le cas des autres formations, mais on peut maintenant dire que le PAM est en bonne course pour conquérir internet.

Les autres formations politiques devront réagir en améliorant leur présence électronique au lieu de continuer à se plaindre de la facilité que trouve le PAM à atteindre tous les média…

4. Blog Arabophone – Blog Francophone :

Comme pour les courants de pensée qui –comme dit au IV- se rencontrent très peu sur les réseaux sociaux, la blogosphère marocaine possède deux principales composantes qui semblent interagir très peu entre elles ; ainsi certains bloggeurs francophones imminents ne connaissent pas les blogs remarquables qu’on trouve dans le paysage arabophone, ce qui leur donne une idée assez superficielle de ce qu’ils appellent la ‘Blogoma’. Certains croient que cette dualité est due à celle du système éducatif Mission française/Ecole publique ; d’autres vont encore plus loin dans les clichés pensant que c’est le clivage modernisme/conservatisme. Je pense que les deux explications sont trop simplistes, très peu de Blogueurs parmi les francophones les ‘‘plus’’ connus viennent de mission française. Personnellement je ne connais aucun blogueur francophone qui vienne des lycées Descartes ou Lyautey.

J’expliquerais cette dualité plutôt par le background académique du bloggeur : après le lycée au Maroc, si vous continuez dans les sciences ou les technologies, le français devient votre langue quotidienne d’étude et de travail (ce que je pense être une aberration…) , de l’autre côté, la plupart des cursus en sciences humaines sont en arabe. Personnellement je me suis résolu à bloguer en arabe comme je commence à retrouver mes repères en rédaction en arabe, mais sept années d’utilisation quotidienne du français a fait que j’ai commencé à bloguer en français non pas à la recherche de lectorat francophone mais plus parce que c’était plus facile pour moi au début de lancer un blog dans la langue que j’utilisais quotidiennement.

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Written by Lbadikho

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Posted on Friday, June 25th, 2010

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2 comments on “Réseaux sociaux… L’opium des militants? Les médias citoyens doivent être mis à profit pour plus de connections hors ligne”

  1. Article très intéressant. Je suis tout à fait d’accord. Et particulièrement sur la “scission” de la blogoma. Je commence à peine à lire l’arabe, mais une des choses qui me poussent à l’apprendre, c’est justement de pouvoir lire la presse et la blogoma arabe.

    Ce qui m’a frappée, aussi, c’est le très faible nombre de blogueurs marocains anglophones.

    Sinon juste une petite remarque, nous avons reçu hier soir un sms de Maroc Télécom nous informant d’une manifestation à Casa pour le Sahara Occidental, et cela juste au moment d’une émission sur le sujet à la télé…


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