A quand la révolution marocaine ?

Le régime marocain dit Makhzen a réussi à se maintenir, capitalisant sur les expériences des autres pays  arabes qui ont connu des soulèvements populaires en cette année de grâce 2011, mais surtout  sur une longue expertise de gestion des protestations et des mouvements de dissidence sur son propre territoire. Le projet de constitution présenté par [...]

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AL "El Medico" is a Moroccan social activist 2 comments

Thursday, July 14th, 2011


Le régime marocain dit Makhzen a réussi à se maintenir, capitalisant sur les expériences des autres pays  arabes qui ont connu des soulèvements populaires en cette année de grâce 2011, mais surtout  sur une longue expertise de gestion des protestations et des mouvements de dissidence sur son propre territoire.

Le projet de constitution présenté par le roi Mohamed VI dans son discours du 17/06/2011, va être adopté par le peuple marocain lors du referendum du premier juillet, n’en déplaise aux jeunes du 20 février, et malgré toutes les objections sur ce texte,  les lacunes volontaires ou involontaires, et tous les pouvoirs encore monopolisés par le monarque.

Revenant à l’Egypt et à la Tunisie, les pays qui ont inspiré les révoltes arabes,. Une petite analyse très sommaire va nous montrer que les deux points forts qui ont permis la réussite des protestataires, sont les suivants :

Le premier point consiste à identifier un symbole à faire tomber qui parle à l’imaginaire de la population, viser une personne, qui symbolise le régime ou le système à changer. Ca a la vertu de fédérer les foules sur un point unique et clair, et d’éviter d’entrer dans un donquichottisme ou une  chasse aux sorcières, responsables de tout les maux sans les identifier clairement et de manière univoque évitant ainsi de  se perdre dans des argumentations sans fin sur les responsables du malheur du pays et donner du tournis à monsieur tout le monde qui n’est pas forcément capable d’avoir de telle conversation savante et compliquée.

Le deuxième point c’est que les régimes en réprimant violement les protestations, et sans s’en rendre compte, ont radicalisé les mouvements et ont fédéré tout leur  peuple contre le symbole du régime. Ainsi, même les femmes aux foyers qui n’ont jamais été friandes de politique ont rejoint le mouvement ;  d’un mouvement circonscrit, c’est devenu tout un peuple qui a une demande claire fédératrice et unique. On veux faire tomber le président l’incarnation du régime pourrie autocratique et répressif.

Au Maroc le combat entre le 20 février en tant que mouvement contestataire et le makhzen en tant que régime en place, s’est fait sur un autre terrain, le terrain idéologique et de l’imaginaire des marocains. La spécificité marocaine tant clamée par le makhzen existe en effet, contrairement aux autres pays arabes, personne au Maroc ne s’est attaqué au régime dans son point focal, qui est le roi, en tout cas pas de manière explicite. Ce même roi qui depuis son intronisation a très bien su soigner son image, et se faire aimé par son peuple, contrairement au <em>rayess</em> égyptien et au président Ben Ali. Le chef du régime et à travers lui tout le régime, ne sont pas encore arrivé a expiration, tout au moins dans le sentiment général de la population marocaine, indépendamment de toute argumentation savante et compliquée, à laquelle le marocain lambda n’est vraiment pas perméable.

Mais pourquoi les marocains sont il descendu, dans la rue ? La situation au Maroc est elle vraiment différente des autres pays arabes ? Le 20 février a-t-il vraiment une raison d’être ?

Le régime marocain dit Makhzen est un régime pourri. En attestent les classements du Maroc dans les indices de développement, le taux d’analphabétisme, de chomage, la corruption qui gangrène le pays–une corruption institutionnalisée selon les câbles de Wikileaks–, la pauvreté de la population, et les inégalités flagrantes entre une minorité de privilégiés proche des sphères du Makhzen à tous les niveau et le reste du peuple oppressé non instruit et appauvri.

Le Maroc se trouve dans la situation suivante : la rue en a ras le bol , mais personne ne conteste le roi. Vive le roi. Ce roi qui a eu son discours du 9 mars, vidant ainsi le 20 février de sa raison d’être. La réforme constitutionnelle ? D’accord, c’est lui qui a dicté le tempo, D’accord il n’a pas tout concédé. D’accord il y a à redire sur plusieurs points, mais le fait est que le régime est fort au Maroc. Le roi est aimé par la rue. Le Makhzen a très bien manœuvré en n’utilisant la violence que rarement évitant d’ériger les membres du 20 février en martyres et de radicaliser la rue et l’aligner contre lui. Ce même 20 février  truffé de faction d’extrêmes gauche et d’islamistes auquel la rue n’est pas acquise, et délaissé par des parties politiques faibles à la base même si leur dirigeants vétustes et anachroniques jouent aux Héros sur les plateaux télé et devenant leurs militants de moins en moins nombreux tout en disant oui à tout ce que le palais décide même sans y jeter le moindre coup d’œil. Ce régime est fort mais l’état marocain est faible. Le régime n’est pas l’état. C’est une minorité qui gouverne un état et c’est ça la cause des contestations dans les pays arabes. Des pays avec des régimes plus ou moins forts mais dans des états très faibles avec des populations livrées à elle-même, exploitées et affaiblies volontairement sur le plan individuel mais aussi sur le plan des institutions, autres que l’institution du régime. Ces régimes autocratiques trouvent leur force dans la faiblesse des autres composantes de la société sur laquelle ils exercent leur emprise, et le Makhzen ne fait pas exception à cette règle.

Au fil du règne de Mohamed VI, depuis 1999 et jusqu’à maintenant, le Makhzen a connu trois phases :

une phase de “faiblesse,” du début de son règne à 2002, avec le gouvernement de M. Yousfi et qui a vu un changement rapide et palpable du Maroc, à une vitesse vertigineuse, et dans laquelle les partis politiques et la presse–pour ne citer que c’est deux institutions contrepouvoir–ont joué un rôle important pour le développement du pays. Le baise-main a failli être aboli. C’est dire a quel point certains signes, même symboliques, ne trompent pas.

La vapeur s’est renversée en 2002 lorsque les partis politiques, ont accepté qu’un premier ministre technocrate soit nommé. Etait ce la cause ou la conséquence du penchement de l’équilibre de forces  entre le palais et les parties politique en faveur du premier ? je n’ai pas assez d’informations pour répondre, mais en tout cas, cela a marqué le début de la deuxième phase avec une puissance croissante du Makhzen, et une faiblesse de plus en plus prononcée des autres composantes de l’état marocain. On a vu ainsi que tout ce qui est positif se faisait attribué au roi, des grands chantiers aux fameuses “colères royales” pour faire de l’assainissement dans les administrations publiques. Tout ce qui était négatif était tout naturellement attribué au gouvernement, aux élus, et aux autres composantes autre que le Makhzen. La presse aussi a essuyé et essuie toujours le revers de la situation.Son affaiblissement a été sans aucun doute voulu et planifié.

La troisième partie débute avec M. Bouazizi, et la révolution tunisienne triomphante, et abouti à la nouvelle constitution avec ce bras de fer gagné par le makhzen sur la société marocaine, et une affirmation de la faiblesse des composantes de l’état en faveur d’une puissance du Makhzen sur le plan politique, de la communication, mais surtout et d’abord sur le plan idéologique par rapport toujours aux autre composante susceptibles de balancer son emprise totale sur la sphère publique et sur les décisions politique économique et sociale.

La constitution adoptée, le vote par le oui majoritaire. Ce processus se parre de toutes le apparences démocratiques. Les mécontents ont voté non,. D’autre ne sont pas allé voter. Cela ne changera pas la réalité constitutionnelle, et celle des pouvoir au Maroc. Les révolutions arabes n’ont pas réussi partout, nous avons eu droit à un strict minimum. Forcée ou pas par le mouvement du 20 février, cela n’est vraiment pas la question,. La question est de savoir ce qui se passera après, : Est ce qu’on attendra toujours une crise pour que le Makhzen donne des concessions constitutionnelle à l’image de 1992 et son amendement en 1996 ? Est ce que le makhzen continuera a développer ses forces au détriment des autres composantes de la société marocaine, devenant fort, c’est vrai mais aboutissant à un état marocain faible, et un peuple qui vis mal ?

Je lance un appel, non pas au Makhzen, mais aux Marocains,. Ca va faire un peu cliché ce que je vais dire, mais la vrai révolution marocaine se fera lorsqu’on aura un makhzen moins puissant, pas en l’affaiblissant, mais en renforçant le reste des institutions, à commencer par les parties politiques, les syndicats  les associations et la presse indépendante. Dans ce processus on gagnera doublement en faisant face au Makhzen. On renforcera les contre-pouvoirs et on construira un état fort, qui est de toute façon la seule façon de répondre aux attentes de la population. La nouvelle constitution ouvre des brèches, saisissons les et ayant l’intelligence, la volonté et la persévérance de les garder ouvertes et même de les élargir par la suite. C’est notre devoir de toute façon.

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Posted on Thursday, July 14th, 2011

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2 comments on “A quand la révolution marocaine ?”

  1. Merci de publier cet article sur le site si son sujet vous plaît : Que la révolution sexuelle commence http://alaebennani.wordpress.com/2011/07/24/yektv-sex-and-the-web-tv/

    Bien à vous ;


  2. LES MAROCAIN c’est les champions de la courbette
    ils ne ne broncheront pas ils s’adapteront a la pire des situation ils n’ont aucuns projet d’avenir ils ne savent pas ou ils vont ne savent même ou ils en sont un peuple inculte tant qu’ils mangent ils sont heureux le reste est sans importance. leur vie n’a aucun sens a vrai dire c’est des zombies . le le roi le sait


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